Au
début du XXe siècle en plus de la mission
Allemande sur le site de Samarra (capitale
des califes abbasides de 836 à 883 Ap
JC) qui a découvert des faiences analogues
et celle de Morgan à Suze de grands chercheurs
Européens se sont penchés sur la question
de savoir si ces carreaux de faïences
constituant un vrai mystère ont été réellement
importés ou fabriqués sur place et de
les localiser dans le temps et dans l'espace.
Il
s'agit de :
H.Saladin
(La Mosquée de Sidi Okba à Kairouan Paris
1898)
G.Migeon
(Musée du louvre- L'Orient
musulman-Céramique
Paris 1912)
M.Pézard
(La céramique archaïque de l'Islam)
A.J.
Butler (Islamic pottery a study mainly
historical Londres 1926)
Au
IXe siècle de notre ère, nous la voyons
surgir très complexe et très caractérisée
sur trois points à la fois à Kairouan,
en Egypte et en Mésopotamie.
Les
carreaux de Kairouan ont souvent fait
l'objet de rapprochements et même de controverses
assez vives.
Des
savants Tunisiens déclaraient que d'après
les textes ces carreaux avaient été au
IXe siècle en partie envoyés de Baghdad
en partie fabriquée sur place par un homme
qui venait du même pays.
L'Egypte
aussi révéla des pièces analogues
Tandis
que le savant anglais J. Butler tend à
attribuer à l'Egypte la première place
dans le développement de la céramique
musulmane
G.
Marçais après avoir étudié historiquement
et techniquement les pièces elles mêmes
prouvait dans son livre (Les faïences
à reflets métalliques de la Grande Mosquée
de Kairouan) que l'origine est bien mésopotamienne
.
D'abord
en dehors des rapports officiels, les
relations de toute nature économiques
et intellectuelles étaient constantes
entre Kairouan et Baghdad et jamais entravées
et les ponts n'étaient pas du tout coupés
à l'époque où les émirs Aghlabides enrichissaient
le mihrab de la grande mosquée.
Ensuite
les éléments qui entrent dans la composition
générale des décors sont empruntés à la
géométrie et à la flore. toutes ces formes
procèdent de formules familières aux ateliers
mésopotamiens
Cette
analyse et surtout les croquis, les aquarelles
et les photographies qui l'accompagnent
ont facilité les comparaisons de ces pièces
avec les faïences trouvées à Samarra et
à Suze.
L'analogie
des techniques, des tons, du style, des
compositions, des silhouettes est évidente
et a d'ailleurs été plusieurs fois signalée.
L'identité des jeux de fond s'y ajoute
et ce détail n'est pas négligeable car
il s'agit là de recettes d'atelier, de
traditions léguées d'ouvriers à apprentis
qui constituent comme des marques d'origine.
Ornementation
Toute
l'ornementation supérieure du mihrab est
réservée à la faïence. Toutefois, il semble
bien probable que des modifications ont
été opéréses depuis le IXe siècle
Tous
les carreaux sont présentés en angle en
bas. ils ne garnissent pas intégralement
le mur ; ils sont disposés en damier
les vides laissés entre eux présentent
des motifs floraux peints en bleu sur
l'enduit.
139
carreaux complets et une quinzaine de
fragments en deux séries polychromes et
monochromes mesurant 211 mm de côté apparament
sortis du même atelier allant du clair
au sombre, le champ garni de jeux de fonds
composent l'ornementation.
un
genre de décor végétal d'allure plus naturaliste
nous montre des feuillages au limbe rempli
de petits motifs répétés portés par des
rameaux qui s'implantent eux mêmes sur
une ligne fine enrichie de points.
d'autres
motifs graphiques formant un groupe de
lettres peut être lu "la royauté
est à allah"
d'autres
motifs représentant des hachures des treillis,
des damiers, des imbrications, des semis
de points, de chevrons, de volutes, des
cercles par bandes, des cercles ponctués
avec pointillés intercalaires.
Enfin
il est à signaler que des fragments céramiques
actuellement exposés au musée du Bardo
ont été trouvés dans un tell situé
à 4 km au sud de Kairouan à l'emplacement
de "qaçr al qadim" ou "abbasiya"
fondation des émirs aghlabites habité
de 801 à 877.Ap Jc sont également similaires
aux faïences mésopotamiennes.
Mohamed Rebai
info@kairouan.org