Le recours des architectes aux sciences
mathématiques était guidé
depuis les anciennes civilisations par
des besoins pratiques et utilitaires particulièrement
concernant le traçage des fondements,
l'emplacement des contre-forts ainsi
que la construction de plafonds et le
partage des terrains .
Les architectes arabes n'ont pas manqué
à ces traditions.
Ils ont puisé dans les sources mathématiques
grecques pour édifier leurs constructions.L'outil
primordial de l'architecte Kairouanais était
la corde qu'il utilisa tantôt comme
une règle tantôt comme un compas.
Les mathématiciens Kairouanais
considéraient
tout comme leur prédécesseurs
Grecs que toute forme pouvait être
construite seulement à la règle
et au compas ( tout le monde connaît
l'astuce 3, 4 et 5 qui permet de construire
un angle droit seulement avec une corde
car la somme des carrés de 3
et 4 est égal
au carré de 5 -théorème
réciproque de Pythagore) d'ailleurs,
l'école architecturale Kairouanaise
se distingue par l'usage exclusif de
la construction orthodoxe à la
règle
et au compas.
Toute forme utilisée dans l'architecture
Kairouanaise soit dans le traçage
des édifices et la construction
des coupoles et des voûtes et de toutes
les figures des arabesques se base toujours
sur la construction à la règle
et au compas.
En effet, les voûtes se basent dans les
monuments et les mausolées sur
des contre-forts régulièrement
espacés condition nécessaire
de la solidité de l'édifice
ce qui exigeait de la part de l'architecte
des connaissances solides en matière
de construction géométrique.
Plusieurs problèmes intéressants
et résolus ont été
recensés dans les monuments Kairouanais
se référant à la
construction des pentagones ou hexagones
réguliers
inscrits dans un carré.
Les architectes arabes prouvaient aussi
de grandes connaissances en calcul et
en algèbre d'ailleurs leurs calculs
concernant la répartition des forces
et des charges étaient souvent
quasi-parfaits.
A ce propos, le bassin des Aghlabites
n'était
surdimensionné que de 5 %. leurs
connaissances des formes les ont mené
à placer au centre du Grand bassin
un pilastre pour annuler les courants
d'eau causés par les vents et qui
pouvaient déstabiliser l'équilibre
statique du bassin.
Les coupoles Kairoianaises présentent
un autre exemple saillant de la connaissance
de la répartition des charges.
Lors de la dernière rénovation
du mausolée sidi abid, l'architecte
a vu la nécessité d'enlever
une poutre reliant dans l'édifice
deux coupoles. seulement on a dû plus
tard se résigner pour la remettre
à sa place sous peine d'effondrement.
sic....
L'usage des mathématiques n'a pas
servi seulement pour des fins utilitaires
mais aussi dans les travaux de décoration
et d'ornement arabesques qu'on peut voir
au Mausolée Abi Zamaa balaoui ou
bien à Sidi abid Ghariani
L'exemple le plus frappant dans ce domaine
est le bassin des aghlabites qui est formé
par deux bassins de forme polygonale Le
grand bassin est un polygone régulier
simple de 64 cotés qui est égal
à 2 puissance 6
L'architecte qui a construit le bassin
a certainement commencé par tracer
un grand cercle puis il a placé les
contre-forts par la méthode de bissection
c.à.d. il a procédé
à la division de chaque tranche en
deux. la règle de cette méthode
étant bien connue donne une exactitude
quasi-parfaite concernant l'éloignement
des contre-forts.
Le polygone ainsi obtenu est régulier
et assure un équilibre statique
de cet édifice. d'ailleurs c'est
une des raisons qui explique sa longévité.
le petit bassin, de décantation,
nous donne une idée sur la recherche
scientifique avancée des arabes au
IXe siècle.
Il s'agit d' un polygone de 17 cotés
ce qui est vraiment étonnant pour
cette époque (IXe) car nous savons
que la construction à la règle
et au compas d'un tel polygone n'a été
trouvée que neuf siècles plus
tard (1796) par le mathématicien
Allemand F Gauss.
Mais en revenant aux textes écrits
dans la période de construction du
bassin des aghlabites on trouve dans un
écrit du mathématicien Ibn
Quorra ce qui suit "on peut diviser
un cercle en 2 parties donc par 4 ensuite
par 8 ensuite par 16 et ainsi de suite.
Les Grecs nous ont montré la division
par 3 par 5 donc on peut construire les
polygones réguliers de 6 cotés
de 12 et de 24" et ainsi il donne l'exemple
de tous les polygones constructibles inférieurs
à 20 mais il nous informe aussi qu
'il n'ont pas pu construire le polygone
de 7 de 9 de 11 et de 13 cotés"
Cependant il n'a pas parlé du polygone
de 17 cotés. Etait-il un signe qu'à
cette époque on cherchait la solution
de 17 cotés? Les Kairouanais ont-ils
trouvé la construction d'un polygone
de 17 cotés 9 siècles avant
Gauss C'est un problème qui mérite
plus de recherche
Kairouan se distingue par l'orthodoxie
des constructions des polygones constructibles
vous ne trouviez jamais de polygones de
7, de 9 ou de 11 côtés.
A remarquer aussi que l'architecte qui
construit un grand édifice inclut
souvent des propriétés
mathématiques
d'actualité pour exalter ses connaissances
scientifiques aux siens par ex l'architecte
qui a construit la Grande mosquée
a ajusté la largeur et la longueur
de son édifice au cm près
pour que le rapport des cotés
donne le nombre d'or.
Dans l'ornement de la porte de la grande
mosquée ou de son minbar le décorateur
a inclus toutes les transformations possibles
en son temps à savoir la symétrie,
la translation et la rotation.
Le dallage en marbre du mausolée
sidi abid ghariani présente un découpage
parfait d'un carré. ce qui montre
l'intérêt de l'architecte aux
recherches scientifiques d'une période
précédente établie
par le mathématicien arabe Abou El
Wafa Bouzzjeni
L'architecture était ainsi un support
de messages entre les scientifiques qui
y incluent leurs connaissances les plus
exaltantes.
Mohamed Rebai
info@kairouan.org
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