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Sa majesté le pûr sang arabe

hassane gaicheAvez-vous entendu parler du légendaire cheval "haçane gaïche" on en parlera bientôt !

 

 

 

A la croisée des chemins

Le pur-sang arabe a été introduit en Tunisie par les arabes, à partir du VIIe siècle pour se propager jusqu'en Espagne et en France.

D'après l'Emir Abdelkader, ce sont les descendants de Khatan, l'un des ancêtres des bédouins, qui aurait été à l'origine de cette introduction.

Mais l'élevage du pur-sang arabe utilisé pour les courses n'a commencé en Tunisie qu'à partir de 1881, date de l'importation des quatre premières juments achetées à la jumenterie de Pompadour par l'Etablissement d'élevage de Sidi Thabet.

La descendance de ces juments a servi par la suite a créer des élevages particuliers tels que celui du Dr Lovy a Meknassy en 1908 et celui de Pavillier en 1918 et plus tard celui de l'Amiral Cordonnier a Sidi Bou Hadid.

Des étalons furent importes d'Orient ( Syrie ) ou achetés a Tiaret en Algérie, ceux-ci étant eux-mêmes issus d'importes d'Orient. à partir de 1897 grâce a des missions régulière- ment envoyées par Ie Département de la Guerre en Syrie et en Egypte pour l'Algérie et la Tunisie.

Parmi les grands sires de l'époque, citons Mechta, Ibech, Fellah, Aziz, Ghazi, Salamie, Hellal, Ibich, Boucq, Ibn Feida, et le dernier en date Bango qui mourut a l'age d'une trentaine d'années. Bango et ses filles Gafsa (par Baraka) et Jezma (par Treille) furent importées de Tiaret, celles- ci y sont nées avant de venir a Sidi Thabet.

Une autre commission se rendit en Syrie en 1945 pour acheter des étalons. Ces reproducteurs ont donné des produits ayant conservé les qualités principales de la race.

La Tunisie a également importé en 1935 des males de pur-sang arabe nés et élevés dans Ie sud- ouest de la France ( Duc II, Ben Mouret, Nikital, Kriss II...) et des poulinières pleines de la même région pour des particuliers.

Ces chevaux s'avérèrent plus rapides que ceux nés et élevés localement, de même que leurs produits et perturbèrent considérablement les compétitions.

Une polémique s'ensuivit...certains avançaient que ces chevaux n'étaient pas vraiment des pur-sang arabes et qu'ils possédaient sans doute du «sang étranger» alors que d'autres affirmaient que ces chevaux étaient de vrais arabes mais qu'ils avaient bénéficié lors de leur élevage d'un environnement très favorable.

Ils furent qualifiés par la suite de pur-sang arabes «occidentaux» par opposition avec les «orientaux». Cette dualité entre ces deux catégories de chevaux «occidentaux « et «orientaux» va poser de nombreux problèmes tant au niveau des courses que de l'élevage.

Ne voulant pas trancher, les autorités hippiques de l'époque optèrent pour un compromis, en cloisonnant les deux catégories par la création de trois sortes de «groupes» puis par un système de «classes» base sur les indices zoo- techniques de Maze Censier et différentes méthodes aussi compliquées les unes que les autres, mais avec toujours des résultats controversés et décevants.

N'a fallu attendre un décret beylical de 1950 qui instaurait un monopole d'Etat pour l'importation des équidés de pur-sang arabe pour que les haras nationaux entament une reforme radicale de l'élevage de cette race en Tunisie.

Les étalons dits «occidentaux » ont été écartes. La première liste des étalons approuvée comprenait Souci, Elias, Loubieh, Kefil, Oramino, Titan, Oukrif,

Loubieh, Kefil, Oramino, Titan, Oukrif, et les célèbres Cheikh El Ourbane et Ibn à l'origine de grandes lignées et pères des étalons Koraïch, Koufi, Raoui, Soufyan, Sibawaïh Il y avait également dans cette liste Beyrouth, grand-père maternel d'Esmet Ali, qui a considérablement marque l'élevage tunisien.

Rares sont les sujets qui ne présentent pas aujourd'hui dans leur pedigree uine ascendance avec Esmet Ali. II a été a l'origine de la plupart des grands champions et des étalons comme Oubeïd, Omrane, Tayssir et en particulier Dynamite III, remarquable étalon et père de très nombreux gagnants classiques Tarek, Touwayssan, Akermi.

On sélectionna également des poulinières bien typées et on instaura un contrôle extrêmement rigoureux pour les saillies et les naissances qui doivent se dérouler dans les enceintes des différents établissements des haras nationaux.

A cet effet, un hommage doit être rendu aux responsables de cette institution et à leur tête le Dr Hosny Khaled, pour leur rectitude et pour les encouragements ( saillies et pensions à prix symboliques, primes...) accordés aux petits éleveurs.

cavalier jlassRéforme radicale

Cette réforme radicale a considérablement réduit le cheptel, tout au moins au départ, mais eut le mérite de Ie remodeler. L'utilisation principale, sinon l'unique étant le courses, la sélection des reproducteurs était basée essentiellement sur leurs performances coursières.

L'effectif actuel est de l'ordre de 2.000 têtes dont 600 poulinières, tine cinquantaine d'étalons en exercice et 400 sujets de 2 ans et plus a l'entraînement a Kassar-Saïd, a Monastir et a Meknassy.

La consanguinité entre les différentes Bouches locales a conduit au bout de quelques générations a tine certaine saturation et a tine dégradation du standard avec notamment tine fragilité des tissus et des malformations osseuses.

Pour pallier ce phénomène, deux importations de pur-sang arabes égyptiens ont été accomplies en 1970 et en 1980. Bien que boudés par les éleveurs prives, pour les modestes performances coursières de leurs descendants, les étalons égyptiens ont permis de renouveler line partie du cheptel.

Quoi qu'on en dise, cette introduction de sang égyptien s'est traduite par des résultats globalement positifs. Le pur-sang arabe tunisien présente la particularité d'être à la fois doté d'un modèle tout à fait acceptable et de présenter des qualités coursières de valeur internationale.

C'est la raison principale de son succès a l'étranger notamment en France et en Italie où les poulinières tunisiennes sont très prisées. Leur accouplement avec des étalons européens a donne d'excellents résultats, comme en témoignent les produits présentes dans des ventes organisées durant ces dix dernières années; notamment par l'agence spécialisée Goff en France, avec plusieurs enchères qui ont dépasse le million de francs!...

Citons, à titre d'exemple, les excellents résultats obtenus par Tarak (issue de Dirala) champion international des 3 ans a Chantilly, Sarrabe (EI Hidaya) lauréat du Prix du Président des Emirats Arabes Unis a Deauville, Ezil (Tahya) champion aux Emirats Arabes Unis, Hagnes de Faust (EI Afia), Dormanor (EI Warda), Maverick (Bint Tarek) champion au Qatar.

Un sang venu de l'étranger

 Ce qui incita nos éleveurs à demander avec insistance la possibilité d'avoir recours à des étalons de Bouche «occidentale».

Les haras nationaux (FNARC) accédèrent a leur demande en 1999 et plusieurs étalons français ont été importés ou loues pour la saison de monte.

Mais quel sera le devenir des produits issus de ces étalons ?.. Les «règles du jeu» n'ont pas encore été définies et on parle de leur organiser des courses réservées afin de sélectionner les meilleurs d'entre eux et favoriser leur participation a des compétitions internationales.

Pour ce qui est de leur insertion dans l'élevage, la question reste également ouverte... Les «occidentaux» resteront-ils une catégorie a part ou seront-ils autorises à se mêler aux «orientaux» et dans quelles proportions?

La question est encore à l'étude et les éleveurs sont encore très perplexes sur le sort qui sera réserve à ces produits «franco-tunisiens». La sélection rigoureuse menée depuis une cinquantaine d'années et qui vaut à notre élevage autant d'estime et de considération, ne mérite pas d'être arrêtée de la sorte, la spécificité du pur-sang arabe tunisien ne doit pas être abandonnée.

C'est un capital génétique inestimable, une réserve du modèle «arabe oriental» qui doit être impérativement préservée. Tôt ou tard, les éleveurs étrangers, notamment européens, seront amenés a puiser dans ces Bouches orientales pures pour retrouver le modèle original de la race. Une réflexion profonde et a long terme s'impose.

Mondher ZOUITEN

(LA PRESSE MAGAZINE N°713 du 10 juin 2001)

 

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