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La
"reguila"
ou "narguile"
plus connue sous le nom de "chicha" est
d'origine orientale (Inde, Chine, Iran, Liban,
Turquie et Egypte où elle apparue au début
du XVIIe siècle)., la chicha a fait son apparition
à Kairouan dans les cafés il
y a seulement une vingtaine d'années.
Le
récipient de même que le tabac sont importés essentiellement
d'Egypte.
Aujourd'hui
les cafés où l'on peut fumer de la chicha fleurissent
un peu partout. Les adeptes de plus en plus nombreux
en fument matin et soir par habitude et surtout
par besoin de convivialité.
Contrairement
au proche orient les femmes ne s'adonnent
pas à l'herbe de Nicot et il est aussi
utile de préciser que la consommation de chicha
est
désormais interdite dans les terrasses de cafés.
La chicha
est une pipe à eau appelée aussi "narguilé" (pipe munie d'un flacon et d'un tuyau où passe la fumée). La fumée est aspirée grâce
à un long tuyau flexible appelé "Lay'puis
est refroidie et purifiée dans un flacon d'eau.
Le fourneau est rempli d'un mélange de tabac
pur " le tumbâk' et
de mélasse 'le maassel'
auquel on ajoute quelquefois du "Jirak"
pour le parfumer.
Sachez, toutefois, que le narghilé est plus toxique que le tabac. Il contient 50 fois plus de monoxyde de carbone que la cigarette. Contrairement à ce que les tunisiens racontent souvent l'eau ne purifie que 10% de la toxicité du tabac.
Outre
la "chicha" dans le temps les gens fumaient
des cigarettes qu'ils pouvaient enrouler eux-même
avec du papier "Job" qui
se vendait au paquet entier ou coupé en deux
par un lame de rasoir.
Le tabac
est acheté en vrac essentiellement auprès
de petits sous-traitants qui ramassaient
les mégots dans
les cafés pour les éplucher par la suite.
Ils étaient
à l'affût des fumeurs de vraies cigarettes dès
qu'ils en jetaient le mégot ils couraient juste
dessous pour le rattraper en plein vol.
C'était un métier et un sport en même temps. Il
faut dire qu'ils étaient extrêmement doués pour
ce travail spectaculaire.
Les plus
nantis fumaient des cigarettes"bakou"
(paquet) "Arti" et "Hallouzi".
Actuellement la palme d'or revient aux cigarettes locales "20 mars"- "Christal " qui ont supplanté les "Khadra"-"Kawakeb" ou pour les frimeurs des "Malboro" ou "Royal" Américaines même "mdharreh" (d'imitation).
Je me souviens petit ma grand-mère m'envoyait souvent au "gomroug" (débit de tabac ) lui acheter un sachet de "neffa" ( poudre ambrée à inhaler aussi
bien par les hommes que par les femmes).Mais ma grand-mère préférait introduire une pincée dans la bouche au dessus des molaires et la suçait toute la journée.
Autrefois les débiteurs de tabac vendaient outre les cigarettes, les allumettes et la neffa, mais aussi du sel de cuisine, du pain, des enveloppes "wziri" (ministériel) , des timbres postes et même des médicaments "bouzrag el ainine" pour les yeux et "tabaa phil"pour les maux de tête.
Enfin coté statistiques, d'après une étude faite par l'OMS la consommation moyenne aux USA par personne et par an est de 2.150 cigarettes et en Tunisie 985 cigarettes sans la chicha évidemment !
Dans notre pays 65% des fumeurs fument la cigarette et 30% fument le narghilé.
Mohamed Rebai
info@kairouan.org
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