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L'agonisant
est en principe accompagné par les proches et
la famille.Le moribond tenait selon la tradition
à ordonner verbalement ou par écrit à ses héritiers
sa dernière volonté "Waciya"
(testament-
Mon désir est le suivant ..)
A l'approche
de la mort, l'entourage doit lui tourner la tête
dans la direction de la Mecque et l'inciter à prononcer
l'attestation de foi "Chahada"
« ACHADOU AN LA ILLAHA ILLA ALLAH OUA MOHAMAD
RASSOUL ALLAH ». « Je jure qu'il n'y
a point de dieu en dehors d'Allah et que Mohamed
est son prophète », afin de lui faciliter
l'interrogatoire auquel deux anges le soumettront
dans le tombeau. Il la prononcera l'index levé
en témoin.
A l'annonce
de la mort, les femmes incapables de contenir
leurs souffrances poussent des cris stridents
allant jusqu'à s'évanouir dans un cercle en transe.
Autrefois, on faisait appel à une "nawaha"
(pleureuse) pour stimuler les lamentations.
La
vrai cérémonie funèbre "maâtem"
commence avec le "nebbah"
circulant dans un fourgon mortuaire équipé
de haut-parleurs dans les principales artères
de la ville annonçant la mort du défunt,
son adresse,le jour et l'heure de son enterrement
selon une formule spécifiquement Kairouanaise
dont l'origine remonte à l'Imam
Sahnoun (Rénovateur de l'école malékite Cadi
à Kairouan en 234 H)
Autrefois,
il le faisait de vive voix en circulant à pieds
dans les souks
سبحان من قد لا ينقضي دوامه سبحان من هده أحكامه سبحان من عنده مفاتح الغيب وهو علامه
يا دوي العقول و الألباب و الفضل و الأداب و خير
أمة أنزل علي نبيها الكتاب
فمن أراد منكم الأجر و الثواب فليحضر الصلا ة علي...ابن المنعم المرحوم,,,يصلي عليه عند صلاة العصرالموت سبيل لا بد منه سبحان الحي الداء م الباقي بعد فناء خلقه مقبور بحومة...قرب...الله يثيبكم الله يا جركم الله يرحم الوالدين
L'enterrement
a lieu à même la terre au "jnah
lakhdar"avec
une stèle funéraire en marbre portant
son nom la date de sa naissance et de sa mort.
Le
défunt est lavé (lavage purificateur) et
embaumé de parfums spéciaux ensuite entouré de linceul
blanc "Kfan"
taillé dans un coupon de calicot .
Si
le défunt avait accompli le pèlerinage à la Mecque "Haj",
ce linceul est le vêtement dont il s'est servi
durant ce moment de purification.
Avant
enlèvement de la dépouille la famille du défunt
pleurant à chaudes larmes demande le pardon "Smah" en
lui portant un petit baiser sur
la tête ensuite il doit être rapidement inhumé.
La
famille et les proches accompagnent la dépouille
vers la mosquée en marchant derrière le
convoi funéraire "janaza".Autrefois
les "meddebs" dirigeaient le cortège
funèbre en scandant "rahman
ya rahman hadha abdek...)
رحمان
يا رحمان
هدا عبد ك
و اليو م يا
رحمان قاصد
فضلك
مولا
ي صلي و سلم
داء ما أبدا
علي حسبك
خير الخلق
كله
Les gens
s'entraident pour porter la civière "Naach"
ou "tabout" sur
les épaules (offerts par des particuliers
pour la baraka et sur lequel on inscrit le nom
d'un défunt et sa date de décès) . les célibataires
sont portés carrément sur les épaules sans civière.
Depuis
les années soixante dix le cadavre peut être transporté
en fourgon mortuaire. Au passage, les voitures
par respect à la mort et au défunt s'arrêtent
un instant , les gens attroupés dans un café se
lèvent jusqu'au passage du cortège funèbre .seuls
les hommes accompagnent le défunt au cimetière.
Les femmes restent au foyer continuer leurs pleurs
et lamentations.
L'enterrement
a lieu soit le matin vers 9H soit l'après midi
vers 16 H après la prière d'El Asr Au cimetière
avant l'inhumation, une prière est dite face
au cercueil "salat el maïet"(prière
au mort).
Au cours
de l'inhumation on commence par l'éloge funèbre "taâbin",
on récite quelques versets du coran en cloturant
par des "Doa"
(voeux).
Une fois
le mort enseveli sous terre
sur le coté droit le visage
face à la
Mecque il est réveillé "yougheth" "ya
flan ibn flana" (M. untel fils de
untelle-on on l'appela par son prénom suivi
exclusivement par le prénom de sa mère pour
lui dire "kon
ala ma konta alayhi fi dar eddounia...
(reste croyant en dieu et au prophète Mohamed
comme tu l'as été sur terre...).
يا
فلان ...ولد
فلانهكن
علي ما كنت
علبه في دار
الدنيا أشهد
أن لا ا لاه
الا الله
و أن محمدا
رسول الله
و لقد رضيت
بالله ربا
و بالاسلام
دينا
Ensuite
les membres de la famille du défunt se rangent
l'un à côté de l'autre à la porte principale
du cimetière pour recevoir les condoléances.
Les gens disaient à chacun de vive voix sans
les saluer
à la main "Barka fik" (bénédiction
sur toi) et l'autre répond "Ibarek
Fik". Tandis que les meddebs répétaient
en boucle " que dieu vous bénisse et vous récompense
".
الله يثيبكم
الله يأجركم
Durant
les trois premiers jours du deuil la famille
du défunt ne cuisine pas, elle reçoit le rapas
dit du mort "acha
mit"
de proches et de voisins.
Les gens
sont d'habitude trés respectueux de la mort même
les ennemis les plus acharnés ne ratent pas l'occasion
pour se réconcilier. Ils peuvent ne pas venir
à un mariage mais au décès d'un proche ou d'un
ami ou même d'un membre de leur famille leur
présence strictement personnelle est sacrée et
même récompensée par Allah "Thawab".
Les gens n'hésitent point à prendre l'avion
et aller à un enterrement.C'est une solidarité
spirituelle et spontanée face à la mort.
Chez
les musulmans, la mort n'est que provisoire.
Nous croyons en la résurrection des morts
et à la rédemption.
Le coran
mentionne qu'au jour du jugement dernier
"hissab", les morts se lèveront
pour être jugés par Dieu. Ceux dont le bien
surpasse le mal iront au paradis"Jenna",
les autres qui ont commis de grands péchés
et rejeté la parole de dieu seront condamnés
aux flammes "Jehannem".
Le
deuxième jour après l'enterrement les femmes
viennent au cimetière ensuite tous les vendredi
faire une "Zyara" (occasion
de se rencontreren famille, de se remémorer
la vie du défunt, d'entretenir la sépulture
et d'arroser sa tombe d'eau..).
Au prochain
"Aïd seghir"(après
rupture du jeûne -Ramadan) ou "El
kebir" (fête du sacrifice) les femmes
installent une tente et font de l'aumône aux pauvres
(1er Aïd du défunt).
Les
gens empéchés de venir au cimetière peuvent présenter
leurs condoléances à la première commémoration
de la mort le "fark"
(l'adieu) ou "khoujat" (appellation
d'origine turque lecteur de coran) au lendemain
du décès ou au plus tard le troisième
jour.
Au delà
il faut attendre la deuxième commémoration de
la mort le 40e jour"Arbaïne" qui
est en réalité une vieille tradition pharaonique
pour rendre au défunt un dernier hommage où les
"meddeb" recrutés pour la circonstance
viennent réciter tout le coran la nuit après
la prière "d'El Ichaa".
On servait
exclusivement aux "Meddeb" un
dîner copieux , du thé et du café à tout le
monde. Ainsi cette commémoration boucle le rituel
de la mort et du deuil.
La
même cérémonie de commémoration de la mort du
défunt aura lieu dans un an "
al aâm".
Voilà en somme les pratiques
sociales Kairouanaises du trépas et du deuil ainsi
que les rites funéraires qui constituent une tradition
culturelle bien enracinée jusqu'à nos jours.
Mohamed Rebai
info@kairouan.org
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