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Dès
que la femme enceinte "Nafssa"commençait
à sentir des contractions et des douleurs d'accouchement "talk" on
part vite chercher "la
Kabla" (accoucheuse ou matrone
)
parmi les plus réputées de la ville (certaines
étaient réputées et avaient le monopole des accouchements
) accompagnée de son précieux outil de travail "le
Korsi" (fauteuil
d'accouchement en bois troué au milieu).
Tandis
que la "nafssa" faisait des prières
يا
محمد يا سيدي
النبيي يا
رسول الله
les
youyous des femmes ne manqueront pas de remplir
la maison de gaieté tout en prenant soin d'annoncer
au mari impatient dans son petit coin attendre
la bonne ou mauvaise nouvelle ( garçon
ou fille !) si c'est un garçon (héritier) "la
nafssa" acquiert le titre de maîtresse
de la maison et la
fête continue si c'est une fille on se tait et
on remercie dieu qu'à même pour la vie sauve
de la maman et on sert la
"Bessisat ennafsa"
ou la "tabkha" à tout
le monde.
Durant
les sept premiers jours le petit est allété par
sa mère ensuite on lui prépare un repas appelé
"louaâk" à base
de "droo"
(sorgho) ou "nchaâ" (farine)
des fois mélangés avec des fruits secs
finement concassés.
La
dénomination du petit est souvent l'affaire des
hommes. Généralement on prenait le nom d'un grand
père ou d'un frère décédé comme pour le ressusciter.
Actuellement on prend des prénoms à la mode
de préférence un artiste Egyptien ou Libanais(
Aymen , Amir, Sadri ...). Les Khemaies,
Mokhtar , Belgacem et consorts n'ont plus
la cote.
Le
bébé est soigneusement enveloppé dans des
nattes en coton "kmata"
(bandage)
histoire de lui assurer une croissance rectiligne
sans défaut.
Actuellement cette méthode a été complètement
abandonnée du fait qu'elle a engendré de
nombreuses maladies aux petits qui ne pouvaient
pas bouger.
On lui accroche aux vêtements un "herz" (talisman renfermant une formule écrite extraite du Coran) préparé chez les "kettaba" (généralement un meddeb) pour le protéger contre les maléfactions et le mauvais oeil.
Il est
mis au "Douh" (berçeau
en bois couvert de voile) qu'on accroche au mur
de la "sedda "(lit
des parents construit en maçonnerie) par des
cordes souples en alfa "halfa" de
sorte qu'on pouvait le balancer pour faire dormir
le bébé en chantant. "nanni
nanni jak ennoum-dors dors tu as bien
sommeil" mon petit va grandir et aller au "Kottab" (école
coranique).
Ainsi la "nefssa" resta
au lit sans bouger sept jourset ne faisait qu'allaiter
son petit. Au bout du septième jour la "nefssa" descend
du lit le ventre bien tenu "makbouss" pour
marcher et la fête continue.
Lorsque
les premières dents de lait apparaissent on prépare
un "karkouch"
à base de blé tendre"kamh",
de fèves "foul"
et des pois-chiches"homs" cuits à feu
doux mélangés
avec de la confiserie fine "halwa
jida" auxquels
on ajoute quelques pièces de monnaie
le tout soigneusement versé sur la tête du petit
que les enfants s'arrachent avec grand plaisir.
Pour fêter l'apparition de la première dent du petit certains vont jusqu'à faire une "aouada" (concert oriental)
Autrefois,
la grossesse resta secrète un bout de temps parce
qu'elle est tout simplement le fruit de l'acte
sexuel.
A l'époque
les femmes se mariaient trés jeunes dès l'âge
de puberté vers 13/14 ans. Actuellement elles
se marient à 29,2 ans exactement. Mariées
elles ne peuvent voir de face leurs
pères surtout
avec un petit dans les mains. un vieux cousin
me raconta qu'une jeune femme laissa tomber
son petit parce qu'elle voyait son
papa approcher. Dans
son esprit un petit est toujours le fruit d'un
acte sexuel.
Il
n 'y avait pas non plus de vaccination de bébés.
on commença à la pratiquer massivement dès les
premières années de l'indépendance (1956) dans
les écoles primaires. La sélection naturelle
a déjà fait du chemin (un tiers des enfants
meurent durant les cinq premières années)
mais mieux vaut tard que jamais. Actuellement
la vaccination est systématique et planifiée
même dans les coins
les plus reculés du pays. Ce qui fait la mortalité
infantile est presque insignifiante. Notre pays
a fait de gros progrès en matière
de santé reproductive.
Le taux
de vaccination est de 95 % contre 92% pour la
couverture en auscultation et en suivi prénatales.
Le
bébé est sevré en principe à l'age de 2 ans.
La contraception était naturelle et simple.
la femme qui ne voulait pas d'un autre bébé continue à
allaiter tardivement son petit jusqu'à un âge
avancé.
Personnellement
je me rappelle toujours d'un petit copain de
classe primaire (première année) agé de
6 ans qui profitait de la récréation pour accourir
à la maison toute proche de l'école prendre un
petit brin de lait maternel !
Durant les premières années de l'indépendance les femmes, encouragées par les services du planning familial, découvrent le loop "scoubidou" (spirale) dont l'origine est vraiment confuse et un peu plus tard les "hrabech" (pilules).
je me rappelle , toutefois, que ces fameuses pilules ont été inventées les année "baby boom" (sixties) et mises en vente pour la première fois le 03.05.1960 dans les drug-stores américains. C'était à mon avis une date importante dans l'histoire de l'humanité.
Il
peut apparaître sur la peau de l'enfant un grain
de beauté "bousset khal"
littéralement (le baiser de l'oncle) si c'est
plus grand il est appelé alors "chahoua" (envie)
on dit et c'est bien une croyance populaire
qui n'a jamais été médicalement prouvée la femme
enceinte a eu envie de quelque chose.
La
mère habitue son enfant à faire ses besoins
dans une "kasria"
Ensuite
les années soixante les sages femmes diplômées
ont fait leur apparition et ravi petit à petit
le travail des accoucheuses de quartier (Kabla)
Actuellement
les choses ont beaucoup évolué, les femmes
modernes et émancipées consultent sans gêne
des gynécologues
hommes (impensables il y a seulement quelques
années ).
A ajouter
que l'avortement est autorisé à condition
que le foetus ne dépasse pas 3 mois.
Mohamed Rebai
info@kairouan.org
Premières
sages-femmes Kairouanaises:
- Mme
Halima KHEMADJA
- Mme
Souad M'RABET
- Mme
Radia BACCAR KLAI
- Mme
Zohra BOUGMIZA MAAMAR
- Mme
Faouzia KABLOUTI KHADRAOUI
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