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Ramadan

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ramadan dans les souksLe jeûne du mois de Ramadan constitue la quatrième des cinq bases fondamentales sur lesquelles l'Islam est édifié.

L'obligation de jeûner a été instaurée pour les musulmans, dans la seconde année de l'Hégire, par la révélation de ce verset du Coran: "Ô les croyants! On vous a prescrit as-Siyam [le jeûne] comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété" (Sourate 2, verset 183).

Loin de se cantonner à l'abstinence physique et sa capacité de se priver pour un temps le jeûne mobilise toutes les facultés de l'homme, physique, intellectuelle et spirituelle au service d'allah.

Les bienfaits du jeune sont innombrables et connus de tous même par des non- musulmans.
· Avantages spirituels du jeûne
Le jeûne permet à l'homme de tester son endurance, de fortifier sa piété, sa volonté, sa crainte d'ALLAH. Il nous apprends particulièrement la patience et le contrôle de soi

· Avantages sociaux du jeûne
Le jeûne habitue la société à plus de justice, de charité, d'égalité.. Les visites familiales donnent un coup d'élan à l'interaction sociale des membres d'une même communauté Ramadan nous apprends aussi le sens de solidarité de cohésion et de compassion envers les couches sociales les plus défavorisées

· Avantages physiques du jeûne
Les vertus purificatrices du jeûne sur l'organisme sont unanimement reconnues par la médecine moderne. L'estomac est bien reposée ce qui est bon pour la santé.
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Après l"adhan" (appel à la prière) ma mère apportait la "sejada" (tapis de prière) à mon père "mosalli" (prieur) pour la "salat el maghreb" (prière du coucher du soleil) ,tandis que mes frères et moi attendions impatiemment l"iftar" (rupture du jeûne) pour lui dire "tekabel allah" (que dieu accepte ta prière) dès qu'il termine sa prière.

Ensuite, nous prenions littéralement d'assaut toute sorte de mets succulents à commencer par la chorba "lsen asfour" ou "frik" servie dans un "tepsi" (plat à pieds en terre cuite) agrémentée de poisson émietté "trilia" (rougets) de morceaux de viande ou de volailles, le "brik" mijoté sous feu doux avec des ingrédients les plus parfumés (thon, viande hachée, oeuf de fermier "arbi" oignon, persil) viennent ensuite les mets du dîner des pâtes riches et variées (spaghettis"douida jeria " macaroni salsa "fell") achetées en vrac chez le "attar" (l'épicier du coin).

Pendant que nous dînons, la TV nous présente des chansons religieuses et des "dhikr allah" (99 noms) des feuilletons tunisiens, syriens et égyptiens ainsi que des "fawazir" longtemps animé par la célèbre comédienne Egyptienne Nelly.

Bien avant la télé et précisément les années cinquante les gens étaient charmés et envoûtés par la série "haj klouf" à la radio appelée aussi TSF ou boite à bruits.

Une fois par semaine le roi couscous "bisman" (beurre fondu salé et décanté qui peut être conservé un certain temps et qui s'ajoute à la graine de couscous) couvert de "mkeb" des fois une "kamounia" (ragoût de morceaux de viande et de foie dont la sauce épaisse est au cumin), un "mermez" (ragoût de mouton avec pois chiche) une "marqa" (ragoût de mouton avec pommes de terre), un "tajine" souvent du pain acheté directement aux boulangeries "sidiboufendar, kahouaji, chiha " et j'en passe trempés dans des ragoûts onctueux que nous adorons et pour finir des fruits de saison.

La soirée est souvent agrémentée de sucreries à commencer par l'incontournable "makroudh" les "zlabia et mkharek" concocté par un thé au "bondok" (pignons) ou un café turc préparé dans une "zazoua"auquel on ajoute une goutte d'eau de fleur d'orange.

Aux premières heures de la journée les marchés connaissent une large cohue pleine de saveurs, d'odeurs et de couleurs. Les gens viennent munis de leurs "koffa" (couffins, panier) s'approvisionner en denrées alimentaires particulièrement de la viande et des légumes de première fraîcheur

Sur les trottoirs la concurrence bat son plein entre petits vendeurs de "malsouka" (fines galettes à base de semoule et d'eau utilisées pour faire le brik, tajine malsouka et la samsa), de "tabouna " (galettes) de "adham arbi"(oeufs de ferme)

Les boutiques ne sont autorisées à ouvrir le soir qu'à partir de la 2e quinzaine du mois sacré. Les enfants sont contents d'acheter des habits neufs généralement provenant de la vente de tapis confectionnés par leur maman.

Les pâtisseries ne désemplissent pas . les ftayri changent de produits et optent pour la "zlabia et mkharek" . d'autres marchands occasionnels se transforment aussi en vendeur de zlabia, bouza , halwa...

Après les prières, les cafés sont pleins à craquer de fumeurs de "chicha". On y joue aussi aux cartes "chkoba, belotes et ramis".

D'autres "zoufria" ( marginaux- dont le mot trouve son origine des ouvriers parce qu'ils étaient de conditions modestes) le font clandestinement avec de l'argent c'est ce qu'on appelle le "noufi" (jeux de cartes d'origine Italienne. appelé le poker ou le baccara tunisien) sévèrement réprimé par la loi et expressément interdit par le Coran.

A Kairouan, il n' y pas de cafés mixtes. Les femmes se contentent de se faire des visites entre voisines.

A l'approche de l'Aïd c'est la course effrénée aux fruits secs (amandes, pistaches, cacahuètes ...) .

Les femmes s'entraident pour préparer les pâtisseries de l'AÏd "GhraÏba, Baklaoua, Bachkoutou" (biscuits secs), "kaak" (petit gâteau de forme circulaire saupoudré de grains d'anis) que les enfants transportent à la boulangerie "d'el houma" (quartier) par plateaux entiers sur la tête. car il faut savoir que le boulanger Kairouanais, outre la fabrication et la cuisson de son propre pain, il cuit également les produits de ses clients.

A Kairouan, il n'ya pas non plus de cafés pour les "fattara" (personnes qui n'observent pas le jeûne pendant ramadan).

Pendant la période du Ramadan et dans une atmosphère quasi-familiale, les "chooba" (cellules du RCD) organisent des repas d'iftar aux nécessiteux à l'instar des resto du coeur en France.

Plusieurs cérémonies religieuses sont célébrées au cours du mois saint dont la conquête de Badr, la journée du Coran, la nuit du destin (celle qui précède le vingt septième jour de Ramadan), la clôture du Coran, la circoncision des enfants...

Durant la deuxième quinzaine du mois saint les boutiques ouvrent leurs portes la nuit. La médina connaît alors une agitation très forte largement fréquentée par les femmes qui achètent des vêtements pour les enfants. D'autres se procurent des cadeaux pour les fiançailles "moussem" (occasion de l'Aïd)

Durant tout le mois de Ramadan, les Kairouanais fréquentent beaucoup les mosquées pour la prière d'el "acha" (prière de la soirée et du "tarawih" (du repos-longue prière facultative effectuée après la prière d'el acha comportant une vingtaine de génuflexions et qui peut durer une heure).Au préalable ils vont à la "midha" (salle d'eau) pour les ablutions de rigueur.

D'autres reviennent à la mosquée à deux heures du matin et ils sont de plus en plus nombreux pour la prière dite de "tahajed" et bon nombre d'entre eux partent pour la "omra" (petit pèlerinageà la Mecque et Medine)

En fin de nuit et à l'approche de l'aube "bou tbila" vous réveille au son des "bendirs" (instrument à percussion) pour prendre un dernier repas "shour" avant "l'imsak" (début du jeûne) composé de produits laitiers "raieb (lait caillé) lben (petit lait légèrement acidulé), bouza (crème sucrée à base de féculent, semoule, maïzena, sorgho et de fruits), rigotte ou des fois le très délicieux "masfoufbilromane"…(couscous sucré saupoudré d'huile d'olive mélangé avec des grains de grenades). Les grenades peuvent être remplacées par du raisin, raisin sec ou par des dattes.

Notez enfin pour l'histoire que la rupture du jeune "iftar" a été longtemps annoncée à l'aide de trompettes sur les minarets des mosquées. Par la suite les Ottomans (Turcs) ont apporté le canon installé à Kairouan sur la "brija" (tour située derrère la grande mosquée et qui a longtemps servi de café les années soixante) .

Depuis une dizaine d'années le canon a été tronqué par des hauts parleurs installés sur les minarets des mosquées, par la radio (Tunis, sfax, Monastir, Gafsa et Tataouine) et la T.V. pour les seuls habitants de Tunis et banlieue

" Ramdanekom mabrouk " (bon ramadan)

Mohamed Rebai
[email protected]

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