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tradition
orale funéraire unique du genre au monde
Un
vieil adage disait "YAJAALHA MADFEN WA LA
MASQUIN"
Faites quelle soit un cimetière et non une demeure
Il s'agit évidemment de Kairouan
La
thématique de la mort est toujours omniprésente
dans l'esprit des gens. La
mort est partout dans le vécu quotidien.
Le
nebbah (crieur public) qui
annonce en ville le décès de quelqu'un y contribue dans une large
part. Les gens se remémorent tout de suite du défunt
et ne ratent pas l'occasion de présenter leurs
condoléances soit au cimetière, soit à la maison du défunt "Fark"
(séparation 2e jour) et au 40e jour"Arbaine".
Ce qui
fait les cortèges funèbres ont été toujours un
véritable mouvement de foule. Les gens y vont
principalement pour le "Thawab" (récompenses
divines).
Les
Kairouanais se caractérisent entre autres par
une attitude collective face à la mort . Ils ont
une faculté de se souvenir infaillible.
Quant
un Kairouanais rencontre dans la rue une connaissance
, il doit immédiatement activer sa mémoire
vive et active pour se remémorer le prénom d'un
parent décédé et lui dit sans risque de
se tromper de vive voix et des fois de l'autre
bout de la rue "Yarham
Zohra" (Zohra étant le prénom de sa
mère) ou bien "Yarham am salem
" (Am
Salem étant le prénom d'un
père décédé).
Si
la mémoire lui fait défaut, Il dira tout simplement "Yarham
Ammi ou yarham Khali" (oncle paternel
ou maternel appellation employée pour s'adresser à tout homme pour qui on éprouve du respect et de l'affection) ou bien s'il s'agit d'une femme "Yarham
Amti-Yarham Khalti"(tante paternelle
et maternelle) ou d'un Haj ou Hajja (personne
ayant accompli le pèlerinage à la Mecque)
il dira "Yarham haj-Yarham
Hajja".
Pour se rapprocher et avoir plus d'affinités avec la personne contactée on dira "yarham obey salem" (obey terme affectueux utilisé pour désigner le père). Actuellement, la nouvelle génération trouve le terme "obey" assez ringard et le tronque par celui de "baba" très tendance. "yarham ommi zohra" (ommi littéralement ma mère) "ommi" a été également remplacé par "mama".
Enfin
s'il ne connaît personne il dira "Yarham
waldik" (tes parents) ou "yarham
Lkoll" (tous les parents) ou
s'il désire abréger et mettre tout le monde
dans le même sac il dira tout simplement "Yarham
lkoll fi lkoll" (tout le monde).
Son
vis à vis lui répondra d'abord "Taïche" (que
dieu te garde en vie) ensuite il lui donne la
réplique "Yarham" suivi du prénom
d'un sien décédé.
Même
pour prouver sa sincérité quand il jure,
le Kairouanais le fera toujours sur la tête
d'un proche parent décédé comme par exemple "Wa
rahmat ommi" (surla tête de ma
mère).
Ne le croyez surtout pas sur paroles quand il
insiste trop. c'est évident.
Ainsi à Kairouan vous
entendez à longueur
de journée des salamalecs funèbres du genre "Yarham" comme
si les morts sont ressuscités et toujours
présents dans la mémoire populaire des gens.
D'autres
plus smart et cool vous diront une expression
d'origine hybride "merci
alik" (littéralement merci sur toi
!).
En
fin de compte le Kairouanais croient que la
mort n'est pas un objet comme les autres mais
une relation active et toujours vivante entre êtres vivants
ou déjà morts.
Alors
si vous connaissez un Kairouanais rappelez-vous
et renseignez-vous d'abord du prénom d'un parent
décédé et dites lui "Yarham..." il vous
en sera trés reconnaissant et il vous rendra trés
certainement la monnaie de votre pièce.
C'est
l'expression inconsciente d'une sensibilité collective
Kairouanaise face à la mort que vous ne trouvez nulle part ailleurs.
C'est aussi un patrimoine qui se transmet oralement.
Mohamed Rebai
info@kairouan.org
lien association tunisienne des mères http://www.atm.org.tn
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